Antidépresseurs: pilule miracle?
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Antidépresseurs: pilule miracle?
Au cours des dix dernières années, les médicaments antidépresseurs ont connu un essor fulgurant. En 2003 seulement, plus de 33 millions d’ordonnances ont été remplies au Canada, une augmentation de 12 % par rapport à l’année précédente (source: IMS Health). De plus, les compagnies pharmaceutiques ne cessent de mettre sur le marché de nouvelles pilules «toujours plus efficaces» dans le traitement de la dépression.
Toutefois, nombreux sont ceux qui craignent encore ces «pilules du bonheur». Ont-ils raison? L’industrie pharmaceutique dore-t-elle la pilule?
Pour la dépression
Les antidépresseurs sont des médicaments prescrits pour soigner les personnes dépressives. Cependant, ils ne guérissent pas la dépression, mais visent plutôt à atténuer les symptômes de cette maladie qui représente le deuxième motif de consultation médicale au Canada.
À ne pas confondre
Qualifiés de substances psychotropes en vertu de leurs effets sur le système nerveux central et le psychisme, les antidépresseurs sont souvent confondus avec d’autres médicaments psychotropes tels que les anxiolytiques (soulagent l’angoisse), les somnifères (soulagent l’insomnie), les neuroleptiques (contrôlent les psychoses), les stabilisateurs de l’humeur (traitent les troubles bipolaires).
Efficace, mais pas une pilule miracle
Chez les personnes déprimées, on remarque que le niveau de certains neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline est anormalement bas. Ainsi, les antidépresseurs agissent directement sur ces neurotransmetteurs leur permettant de demeurer en plus grande quantité dans la synapse.
Étant donné que la majorité des antidépresseurs sont caractérisés par leur lenteur d’action, cela signifie qu’une personne déprimée traitée avec de tels médicaments doit souvent attendre de quatre à six semaines pour en voir les premiers effets.
Selon l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM), environ 75 % des personnes traitées aux antidépresseurs notent une diminution de leurs symptômes de dépression. Le président de l’Association des médecins psychiatres du Québec, le docteur Brian Bexton précise toutefois que cela ne veut pas dire qu’elles ne sont plus déprimées. Il indique que la rémission complète des symptômes varie plutôt de 40 à 60 %, selon l’antidépresseur utilisé.
D’ailleurs, il mentionne que les médicaments antidépresseurs ne devraient pas être l’unique façon de traiter une dépression. Selon lui, il est important de compléter le traitement pharmacologique avec une psychothérapie. Il se montre également ouvert au jumelage d’antidépresseurs avec d’autres traitements dits «naturels» de la dépression (Millepertuis, 5-HTP, SAMe, etc).
Quels sont les effets secondaires?
Les effets secondaires varient énormément d’un médicament à l’autre, mais les plus fréquents sont: maux de tête, nausées, étourdissement, bouche sèche, vision embrouillée, constipation, problèmes urinaires, dérangement de l’estomac, prise de poids, troubles du sommeil, fébrilité et problèmes sexuels. Ils sont habituellement temporaires et diminuent ou disparaissent avec le temps.
Un vaste choix
Il existe un grand nombre d’antidépresseurs regroupés en différentes catégories:
• Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO). Ils sont très efficaces, mais provoquent beaucoup d’effets secondaires. De plus, ils exigent de rigoureuses restrictions alimentaires en ce qui concerne les aliments riches en tyramine (fromage, vin, cornichon, etc). Dans cette catégorie, on retrouve notamment le Sulfate de phénelzine (Nardil) et le Sulfate de tranylcypromine (Parnate).
• Les tricycliques. Ils sont très efficaces, mais ont beaucoup d’effets secondaires. Dans cette catégorie, on retrouve notamment le chlorhydrate de Nortriptyline (Aventyl), le Chlorhydrate d’amitriptyline (Elavil), le Chlorhydrate de clomipramine (Anafranil) et le Trimipramine (Surmontil).
• Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Tout aussi efficaces que les IMAO ou les tricycliques, les ISRS produisent généralement moins d'effets secondaires. Dans cette catégorie, on retrouve notamment le très populaire Chlorhydrate de fluoxétine (Prozac), mis sur le marché en 1989, le Citalopram (Celexa), la Fluvoxamine (Luvox), la Sertraline (Zoloft) et la Paroxétine (Paxil).
• Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN). Selon une étude publiée dans le réputé British Journal of Psychiatry en 2002, les IRSN sont 43 % plus efficaces que les ISRS. Venlafaxine (Effexor).
• Les inhibiteurs réversibles de la monoamine oxydase A (RIMA). Le Moclobemine (Manerix) est en quelque sorte un « MAO amélioré» car il n’y a aucune interaction alimentaire comme pour les anciens IMAO. Très sécuritaire, il n’a pas d’effet secondaire sur la libido.
• Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la dopamine. Bupropion (Wellbutrin) ne diminue pas la libido et peut même l’augmenter. De plus, il facilite le sevrage du tabac d’où sa commercialisation sous l’appellation Zyban pour le traitement antinicotine.
• Les antidépresseurs noradrénergiques et sérotoninergiques (NASSA). Mirtazapine (Remeron) ne coupe pas la libido et le début d’action est très rapide: il agit en quelques jours au lieu de quelques semaines.
• Nefazodone HCL (Serzone). Retiré du marché le 27 novembre 2003 par Santé Canada parce qu’il y a eu quelques cas de maladie hépatique grave.
Lequel choisir?
Plusieurs raisons motivent le choix d’un médicament par rapport à un autre: les effets bénéfiques souhaités, les effets secondaires à éviter, les interactions médicamenteuses, la sécurité du produit, la simplicité du traitement et le coût des médicaments.
Essais et erreurs
Parce que les personnes déprimées ne réagissent pas toutes de la même façon, suite à la prise d’un antidépresseur, il arrive qu’elles doivent en essayer plus d’un afin de trouver celui qui leur sera le plus efficace.
Si la réponse à un antidépresseur n’est pas satisfaisante, le médecin peut suggérer d’augmenter la dose de l’antidépresseur ou de le combiner avec un autre produit (autre antidépresseur, stabilisateur de l’humeur, etc) afin de le potentialiser, c’est-à-dire d’augmenter son efficacité.
Durée du traitement?
De façon générale pour une première dépression, le traitement aux antidépresseurs devrait durer jusqu’à ce que les symptômes disparaissent complètement (habituellement un an) et se poursuivre pour une période d’au moins 6 mois.
Dans le cas d’un deuxième épisode dépressif, le traitement se prolonge habituellement sur deux ans. Pour les personnes aux prises avec une troisième dépression, les antidépresseurs peuvent être prescrits pour plusieurs années afin d’atténuer les symptômes, mais surtout afin de prévenir une autre rechute. Mince consolation dans ces cas: les antidépresseurs ne créent pas d’accoutumance ou de dépendance.
Pas d’arrêt brusque
L’arrêt brusque des antidépresseurs n’est pas suggéré et peut entraîner des symptômes de sevrage très désagréables. Le docteur Bexton recommande plutôt de réduire très progressivement la dose prescrite, selon l’avis de son médecin.
Pour de plus amples informations:
Fondation des maladies mentales
Association canadienne pour la santé mentale
Toutefois, nombreux sont ceux qui craignent encore ces «pilules du bonheur». Ont-ils raison? L’industrie pharmaceutique dore-t-elle la pilule?
Pour la dépression
Les antidépresseurs sont des médicaments prescrits pour soigner les personnes dépressives. Cependant, ils ne guérissent pas la dépression, mais visent plutôt à atténuer les symptômes de cette maladie qui représente le deuxième motif de consultation médicale au Canada.
À ne pas confondre
Qualifiés de substances psychotropes en vertu de leurs effets sur le système nerveux central et le psychisme, les antidépresseurs sont souvent confondus avec d’autres médicaments psychotropes tels que les anxiolytiques (soulagent l’angoisse), les somnifères (soulagent l’insomnie), les neuroleptiques (contrôlent les psychoses), les stabilisateurs de l’humeur (traitent les troubles bipolaires).
Efficace, mais pas une pilule miracle
Chez les personnes déprimées, on remarque que le niveau de certains neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline est anormalement bas. Ainsi, les antidépresseurs agissent directement sur ces neurotransmetteurs leur permettant de demeurer en plus grande quantité dans la synapse.
Étant donné que la majorité des antidépresseurs sont caractérisés par leur lenteur d’action, cela signifie qu’une personne déprimée traitée avec de tels médicaments doit souvent attendre de quatre à six semaines pour en voir les premiers effets.
Selon l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM), environ 75 % des personnes traitées aux antidépresseurs notent une diminution de leurs symptômes de dépression. Le président de l’Association des médecins psychiatres du Québec, le docteur Brian Bexton précise toutefois que cela ne veut pas dire qu’elles ne sont plus déprimées. Il indique que la rémission complète des symptômes varie plutôt de 40 à 60 %, selon l’antidépresseur utilisé.
D’ailleurs, il mentionne que les médicaments antidépresseurs ne devraient pas être l’unique façon de traiter une dépression. Selon lui, il est important de compléter le traitement pharmacologique avec une psychothérapie. Il se montre également ouvert au jumelage d’antidépresseurs avec d’autres traitements dits «naturels» de la dépression (Millepertuis, 5-HTP, SAMe, etc).
Quels sont les effets secondaires?
Les effets secondaires varient énormément d’un médicament à l’autre, mais les plus fréquents sont: maux de tête, nausées, étourdissement, bouche sèche, vision embrouillée, constipation, problèmes urinaires, dérangement de l’estomac, prise de poids, troubles du sommeil, fébrilité et problèmes sexuels. Ils sont habituellement temporaires et diminuent ou disparaissent avec le temps.
Un vaste choix
Il existe un grand nombre d’antidépresseurs regroupés en différentes catégories:
• Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO). Ils sont très efficaces, mais provoquent beaucoup d’effets secondaires. De plus, ils exigent de rigoureuses restrictions alimentaires en ce qui concerne les aliments riches en tyramine (fromage, vin, cornichon, etc). Dans cette catégorie, on retrouve notamment le Sulfate de phénelzine (Nardil) et le Sulfate de tranylcypromine (Parnate).
• Les tricycliques. Ils sont très efficaces, mais ont beaucoup d’effets secondaires. Dans cette catégorie, on retrouve notamment le chlorhydrate de Nortriptyline (Aventyl), le Chlorhydrate d’amitriptyline (Elavil), le Chlorhydrate de clomipramine (Anafranil) et le Trimipramine (Surmontil).
• Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Tout aussi efficaces que les IMAO ou les tricycliques, les ISRS produisent généralement moins d'effets secondaires. Dans cette catégorie, on retrouve notamment le très populaire Chlorhydrate de fluoxétine (Prozac), mis sur le marché en 1989, le Citalopram (Celexa), la Fluvoxamine (Luvox), la Sertraline (Zoloft) et la Paroxétine (Paxil).
• Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN). Selon une étude publiée dans le réputé British Journal of Psychiatry en 2002, les IRSN sont 43 % plus efficaces que les ISRS. Venlafaxine (Effexor).
• Les inhibiteurs réversibles de la monoamine oxydase A (RIMA). Le Moclobemine (Manerix) est en quelque sorte un « MAO amélioré» car il n’y a aucune interaction alimentaire comme pour les anciens IMAO. Très sécuritaire, il n’a pas d’effet secondaire sur la libido.
• Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la dopamine. Bupropion (Wellbutrin) ne diminue pas la libido et peut même l’augmenter. De plus, il facilite le sevrage du tabac d’où sa commercialisation sous l’appellation Zyban pour le traitement antinicotine.
• Les antidépresseurs noradrénergiques et sérotoninergiques (NASSA). Mirtazapine (Remeron) ne coupe pas la libido et le début d’action est très rapide: il agit en quelques jours au lieu de quelques semaines.
• Nefazodone HCL (Serzone). Retiré du marché le 27 novembre 2003 par Santé Canada parce qu’il y a eu quelques cas de maladie hépatique grave.
Lequel choisir?
Plusieurs raisons motivent le choix d’un médicament par rapport à un autre: les effets bénéfiques souhaités, les effets secondaires à éviter, les interactions médicamenteuses, la sécurité du produit, la simplicité du traitement et le coût des médicaments.
Essais et erreurs
Parce que les personnes déprimées ne réagissent pas toutes de la même façon, suite à la prise d’un antidépresseur, il arrive qu’elles doivent en essayer plus d’un afin de trouver celui qui leur sera le plus efficace.
Si la réponse à un antidépresseur n’est pas satisfaisante, le médecin peut suggérer d’augmenter la dose de l’antidépresseur ou de le combiner avec un autre produit (autre antidépresseur, stabilisateur de l’humeur, etc) afin de le potentialiser, c’est-à-dire d’augmenter son efficacité.
Durée du traitement?
De façon générale pour une première dépression, le traitement aux antidépresseurs devrait durer jusqu’à ce que les symptômes disparaissent complètement (habituellement un an) et se poursuivre pour une période d’au moins 6 mois.
Dans le cas d’un deuxième épisode dépressif, le traitement se prolonge habituellement sur deux ans. Pour les personnes aux prises avec une troisième dépression, les antidépresseurs peuvent être prescrits pour plusieurs années afin d’atténuer les symptômes, mais surtout afin de prévenir une autre rechute. Mince consolation dans ces cas: les antidépresseurs ne créent pas d’accoutumance ou de dépendance.
Pas d’arrêt brusque
L’arrêt brusque des antidépresseurs n’est pas suggéré et peut entraîner des symptômes de sevrage très désagréables. Le docteur Bexton recommande plutôt de réduire très progressivement la dose prescrite, selon l’avis de son médecin.
Pour de plus amples informations:
Fondation des maladies mentales
Association canadienne pour la santé mentale

Cordaliana- Administrateur :)

- Nombre de messages: 954
Âge: 29 ans
Date d'inscription: 16/11/2004
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